Comment rebondir suite à des échecs professionnels

« Votre patron vous a dit non, vous n’avez pas décroché le gros contrat que vous visiez ou vous avez bâclé votre présentation. Voici comment surmonter cet échec et revenir plus fort que jamais. » – Lelia Gowland, Directrice, Gowland, LLC

Votre patron vous a dit non, vous n’avez pas décroché le gros contrat que vous visiez ou vous avez bâclé votre présentation. Cela arrive à tout le monde, mais lorsque vous faites face à un échec professionnel, il peut être difficile de prendre du recul.

Imaginons que la présentation sur le programme voyages que vous faites à votre directeur financier est un véritable échec. Vous avez le sentiment que la réunion n’aurait pas pu se passer plus mal et vous êtes contrarié par cette expérience.

À vous écouter, on pourrait croire que vous endossez le rôle de Meryl Streep au début du film Le Diable s’habille en Prada, à vous réprimander en faisant des commentaires mordants, sur un ton de jugement généralement méprisant. (Pour ceux n’ayant pas eu le plaisir de voir ce film, les remarques bienveillantes du type « Les détails de votre incompétence ne m’intéressent pas. » sont représentatives de sa méthode de management.)

Comme vous vous reprochez chaque faux pas, votre confiance en vous est altérée. On nous apprend que la meilleure façon de surmonter ce genre d’échec est de booster notre confiance en nous. Mais il existe une meilleure solution ! Selon la psychologue Kristin Neff, encourager l’auto-compassion est en réalité un bien meilleur outil pour rebondir suite à un échec professionnel.

Tandis que la confiance en soi est basée sur une comparaison aux autres (« Je suis le meilleur. Je suis un exemple à suivre ! »), l’auto-compassion se concentre sur la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. L’auto-compassion se divise en trois catégories : l’auto-bonté, le sentiment d’humanité commune et la pleine conscience.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

  1. L’auto-bonté (par opposition à l’auto-jugement)

L’auteur Mike Robbins a déclaré : « On nous apprend à interagir avec les autres, mais pas vraiment à interagir avec nous-mêmes. » Si vous mettez votre monologue intérieur par écrit lorsque vous éprouvez de la frustration envers vous-même, il est probable que vous vous disiez des choses que vous n’auriez jamais dites à une autre personne.

Pour faire preuve d’auto-bonté, parlez-vous comme vous parleriez à un ami. Plutôt que de tomber directement dans un jugement du type Le Diable s’habille en Prada, efforcez-vous d’être bienveillant et compréhensif envers vous-même. Adoptez un ton réconfortant et apaisant.

L’auto-compassion consiste à considérer vos défauts comme quelque chose de naturel. Kristin Neff a écrit « Plutôt que de s’auto-critiquer constamment pour les erreurs commises, l’auto-compassion consiste à accepter le fait que nous sommes imparfaits. »

Voici des exemples de monologue intérieur basés sur ces deux approches suite à la réunion :

Auto-jugement : « Qu’est-ce que tu as fait ? Peut-être que si tu savais ce que tu faisais, tu n’aurais pas débité ton exposé de façon incohérente pendant toute la deuxième moitié de la réunion. Le directeur financier doit se demander pourquoi tu fais ce travail. »

Auto-bonté : « Bien sûr, tu aurais pu gérer cette réunion beaucoup mieux. Aurais-tu pu mieux te préparer ? Absolument. Mais tu ne peux plus revenir en arrière, et ce n’est pas grave. Toutes les réunions ne se déroulent pas parfaitement. Écris un message au directeur financier en t’engageant à lui fournir de plus amples détails ainsi qu’un compte rendu. »

  1. Un sentiment d’humanité commune (par opposition au sentiment d’isolement)

Lorsque nous faisons face à des difficultés ou commettons des erreurs, nous pensons souvent « Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi » ou nous nous considérons comme fondamentalement mauvais. Notre échec ou notre chagrin devient une chose que nous devons dissimuler ou surmonter. Au lieu de cela, Kristin Neff encourage les gens à accepter ces défauts et à les considérer comme une preuve de notre humanité.

Chaque être humain, sans exception, a ses propres incertitudes et commet ses propres erreurs. Encore une fois, c’est tout à fait normal. Tout ce que vous ressentez, d’autres l’ont ressenti avant vous. Les circonstances sont peut-être inédites, mais les émotions, elles, sont universelles.

Exemples de monologue :

Sentiment d’isolement : « Tu as échoué lamentablement et tu devrais être sérieusement confus. Tes collègues seraient horrifiés s’ils l’apprenaient et tu vas perdre toute crédibilité aux yeux de ta responsable si cela arrive jusqu’à ses oreilles.

Sentiment d’humanité commune : « Hé, devine quoi ? Tout le monde fait des erreurs, même les personnes qui nous impressionnent le plus. Les erreurs et les échecs sont un aspect naturel (et, il faut l’avouer, plutôt embêtant) de la nature humaine. »

  1. La pleine conscience (par opposition à la sur-identification)

Dans les moments où nous sommes contrariés, nous avons tendance à nous focaliser sur les aspects les plus embarrassants, stressants et problématiques de la situation. Kristin Neff appelle cela la « sur-identification », autrement dit, notre tendance à nous focaliser sur les circonstances actuelles ou sur nos erreurs, sans prendre de recul.

À l’inverse, pratiquer la pleine conscience nous permet d’aborder ces situations sous un angle constructif, de les inclure dans un contexte plus vaste. Elle permet d’être plus objectif et offre un meilleur point de vue.

Exemples de monologue :

Sur-identification : « Je vais sans aucun doute être viré ou mis au placard. Même si je garde mon emploi, ils vont probablement réduire le budget de mon service, et tout le monde saura que c’est de ma faute. »

Pleine conscience : « Cette réunion s’est mal passée et je constate que cela m’a beaucoup contrarié. Cela dit, j’ai très bien réussi mes présentations précédentes et je suis capable de continuer à travailler correctement à l’avenir.

Bien que mes sentiments soient justifiés à l’instant présent, ils évolueront. La façon dont je me sens aujourd’hui ne correspond pas à celle dont je me sentirai pour le reste de ma vie. »

La prochaine fois que votre confiance en vous est ébranlée, essayez ceci : prenez trois minutes pour mettre par écrit les éléments stressants, les inquiétudes et les pensées négatives qui occupent votre esprit. Prenez trois profondes inspirations pour repartir de zéro. Ensuite, réévaluez la situation à l’aide des trois stratégies d’auto-compassion : auto-bonté, sentiment d’humanité commune et pleine conscience.

Au début, cela s’avérera peut-être difficile, mais, comme la plupart des choses, plus vous pratiquerez l’auto-compassion, plus cela deviendra facile.

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Lelia Gowland œuvre pour le travail des femmes. En tant que conférencière et auteur, Lelia aide les femmes à négocier et mener leur carrière. Obtenez plus d’information sur gowlandllc.com.